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Les opinions publiques européennes face à la crise de l’Euro

Avant même que les marchés ne soient de nouveau secoués par les répercussions de la crise de la zone euro, les opinions publiques européennes apparaissaient déjà inquiètes. Réalisée à la fin du mois de juin, une enquête de l’Ifop indiquait en effet que le niveau d’inquiétude à l’égard du déficit public et de la dette de l’Etat oscillait entre 81 % au Royaume-Uni et 90 % en Italie. Alors que les dirigeants européens avançaient avec le FMI et la BCE sur un nouveau plan d’aide à la Grèce, la crainte demeurait vive puisque l’inquiétude sur la dette domestique se maintenait au même niveau dans les cinq pays étudiés (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne et Italie) que dans un précédent sondage réalisé en mars 2010 lors du déclenchement de la crise grecque.

Si l’inquiétude concernant la dette souveraine est donc bien partagée par les principales opinions publiques européennes du fait notamment des forts déficits budgétaires, la peur d’un scénario à la « grecque » pour son propre pays n’a pas la même ampleur partout. 70 % des Espagnols, 62 % des Italiens mais aussi 61 % de nos compatriotes jugent ainsi que leur pays pourrait, certainement ou probablement, connaître dans les prochains mois ou années la même situation que la Grèce, l’Irlande ou le Portugal. L’effet domino est en revanche moins redouté dans le Nord de l’Europe : 36 % seulement en Allemagne et 47 % en Grande-Bretagne, nation n’appartenant pas à la zone euro.

Ce sentiment d’une plus ou moins forte exposition au risque de contagion influe très fortement sur l’adhésion à une aide financière à la Grèce. Tout se passe comme si les pays qui se sentent les plus fragiles sont également ceux qui sont les plus favorables à un nouveau plan d’aide à la Grèce en ayant en tête qu’ils pourraient à leur tour, prochainement, avoir potentiellement besoin de cette solidarité européenne… 73 % des Italiens, 59 % des Français et 58 % des Espagnols déclarent ainsi que leur pays doit aider financièrement la Grèce. Ce n’est le cas que de 20 % des Britanniques qui ne partagent pas la même monnaie et de 41 % des Allemands, qui, on l’a vu, redoutent moins l’effet domino, et estiment que leur pays qui a fait beaucoup d’efforts en matière de finances publiques et d’adaptation de son modèle social à la mondialisation n’a pas à « payer pour les errements de la Grèce. Notons cependant que cette posture assez individualiste de l’opinion publique allemande a perdu du terrain, notamment sous l’effet des prises de position du gouvernement d’Angela Merkel. 76 % des Allemands étaient opposés à une aide financière à la Grèce en mars 2010 contre 59 % en juin dernier (soit un recul de 27 points).

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