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Dossier

La réduction des déficits publics, un enjeu de campagne

Question : L’exécutif a récemment annoncé de nouvelles mesures pour tenir les objectifs de réduction des déficits publics. La sensibilisation des Français à cet enjeu, mesurée à de nombreuses reprises ces derniers mois, peut-elle favoriser leur acceptation au sein de la population ?

Il est en effet patent que le degré de sensibilité à l’enjeu de la dette et de la réduction des déficits a infusé le corps social. Une enquête Ifop / Sud-Ouest réalisée en août dernier montrait que le niveau de préoccupation des Français à l’égard de la dette comme enjeu à traiter prioritairement par les pouvoirs publics avait en un an progressé de 14 points au point que cet enjeu figurait dans la hiérarchie peu ou prou au même niveau que les sujets socioéconomiques traditionnels, emploi ou pouvoir d’achat. Dans ce cadre, se fait jour un sentiment d’urgence vis-à-vis de la prise en charge de la question de la dette. Ainsi, l’idée selon laquelle celle-ci constitue un problème très grave qu’il faut traiter sans attendre quitte à prendre des mesures douloureuses et difficiles est nettement majoritaire (57% dans un sondage Ifop / JDD) dans l’opinion. A contrario, la posture attentiste face à la dette – ce problème n’est pas si grave car il dure depuis plus de trente ans – n’est partagée que par à peine plus d’un Français sur dix. Ces différents éléments incitent à anticiper une meilleure acceptation des récentes mesures annoncées par le chef du gouvernement même s’il convient de noter que la popularité de ce dernier en a été impactée. Pour autant, deux freins me semblent être de nature à limiter ce degré d’acceptation. Figure d’une part l’agenda de la campagne électorale. Dans ce cadre, il est certain que ces mesures et plus largement la politique de rigueur engagée par le gouvernement vont faire l’objet d’une délégitimation par la plupart des candidats à l’élection présidentielle et plus précisément par François Hollande et ses soutiens. D’autre part, la prise de conscience réelle de l’opinion sur l’urgence à agir face à la dette coexiste également avec un sentiment d’injustice à l’œuvre dans des franges très importantes de la population. En effet, au sein des catégories populaires mais également parmi les classes moyennes, l’idée selon laquelle les Français vont devoir payer pour une dette dont ils ne sont pas responsables mais qui est due à la mauvaise gestion des pouvoirs publics et des exécutifs s’étant succédé depuis plus de trente ans est très fortement intériorisée.

Question : A votre avis, sur la base des enquêtes menées à ce jour, la capacité des pouvoirs publics à contenir les déficits publics da ...