La Dépakine, explication du scandale

C’est la grosse actualité depuis quelques semaines, plus de 30.000 enfants seraient touchés par les effets secondaires du valproate, une substance contenue dans la Dépakine au cours des 50 dernières années. Cet antiépileptique fabriqué par la firme pharmaceutique Sanofi est accusé d’entraîner des malformations et des troubles mentaux chez les enfants dont la mère prenait ce médicament au cours de la grossesse.

Mais ce n’est pas tout, la fabrication de la Dépakine serait hautement toxique pour l’environnement. Voici toutes les informations sur cette crise sanitaire majeure.

Des soupçons à partir des déchets toxiques

Tout est parti de l’analyse des déchets produits par la fabrication de la Dépakine dans son usine de Mourenx dans le bassin pétrochimique du Lacq. En effet, les chiffres sont hallucinants. Mediapart révèle que la fumée qui sort des cheminées de l’usine contient des composés organiques dont la proportion est 7000 fois supérieure à la norme qui est autorisée. Pour d’autres composants comme le bromopropane qui rentre dans la fabrication de la Dépakine, les proportions observées sont 190.000 fois supérieures au maximum autorisé.

Ces substances étant hautement cancérigènes, l’affaire a tout de suite produit un tollé. Dans la foulée, la firme pharmaceutique française a annoncé la fermeture de l’usine pour une remise à niveau sur le plan technique. Le gouvernement lui a d’ailleurs donné un ultimatum de 3 mois pour la réduction des déchets toxiques émis dans la nature et la prise de mesures adéquates pour la protection des salariés et des riverains.

Les déchets et leurs risques élevés pour la santé

Les composés retrouvés dans les déchets de fabrication de la Dépakine sont extrêmement dangereux pour la santé. Ils proviennent normalement de la fabrication d’hydrocarbures et pourraient entraîner des problèmes respiratoires aigus et de nombreux cancers en cas d’exposition à de telles doses.

Celui qui inquiète le plus, c’est le bromopropane.

Vu les concentrations élevées constatées, ce produit pourrait nuire la fertilité et aux fœtus. Sa présence dans l’air à de telles doses provoque des irritations au niveau des yeux, de la peau et des voies respiratoires. Selon une étude réalisée par le Centre International de Recherche sur le Cancer en 2016, lorsque le bromopropane est inhalé, il augmente considérablement le risque de tumeurs au niveau de la peau et des appareils reproducteurs.

Le valproate et les risques neuro-développementaux

L’Agence du médicament et de l’Assurance maladie tire également la sonnette d’alarme avec des chiffres alarmants à propos des enfants touchés par des malformations congénitales graves causées par la Dépakine et particulièrement par le valproate.

Leur étude a révélé que les enfants dont la mère souffrait d’épilepsie et qui a été exposé au valproate présentent plus de 8 à 10 fois de risques de souffrir d’un trouble neuro-développemental précoce.

Sur la période allant de 2011 à 2014, cette structure estime que 16.600 à 30.400 enfants sont effectivement touchés par des affections comme les retards mentaux, les retards et les difficultés de langage, l’autisme, etc.

À l’exception des déchets toxiques émis, Sanofi rejette toutes les allégations liées aux effets secondaires de son médicament.

Il estime que les hypothèses émises par l’Agence du médicament et l’Assurance Maladie sont invérifiables d’exposition au valproate au cours de la grossesse.